La prévention de la plagiocéphalie positionnelle repose sur un principe simple : éviter les pressions prolongées sur une même zone de la tête du nourrisson, tout en respectant les règles de sécurité du sommeil. Pour cela, plusieurs gestes du quotidien peuvent être adoptés très tôt.
Le couchage sur le dos : indispensable, mais pas suffisant
Depuis les années 1990, il est formellement recommandé de coucher tous les bébés sur le dos, sur un matelas ferme, sans oreiller, couverture ni tour de lit, afin de réduire les risques de mort inattendue du nourrisson (MIN). Cette consigne, primordiale selon la Haute Autorité de Santé (HAS), reste indispensable et ce, même si une déformation du crâne est observée.
Ainsi, tout en étant indispensable, cette position de sommeil nécessite d’être complétée par d’autres postures et stimulations pendant les phases d’éveil pour éviter les pressions prolongées et le risque de déformation du crâne, comme le souligne également la HAS.
Encourager la motricité libre dès les premières semaines
Dès que le nourrisson est éveillé et sous surveillance :
- Placez-le régulièrement sur le ventre, quelques minutes plusieurs fois par jour, pour renforcer sa tonicité cervicale et diversifier ses appuis.
- Installez-le sur un tapis ferme avec des jouets de chaque côté pour stimuler la rotation naturelle de la tête.
- Évitez les dispositifs contraignants (coques, transats, coussins moulés, réducteurs de lit, hamacs), qui maintiennent la tête dans une position fixe et augmentent le risque de plagiocéphalie.
Varier les stimulations et les points d’appui
Des gestes simples permettent de favoriser une bonne symétrie du crâne :
- Alternez le côté où vous portez et allaitez/donnez le biberon.
- Changez l’orientation du lit ou de la table à langer pour stimuler les deux côtés du regard.
- Lors des soins, approchez-vous alternativement des deux côtés.
Stimulez bébé avec des jouets ou des voix placés à gauche et à droite.
Ces conseils sont encore plus importants si votre enfant présente une préférence de rotation de la tête, souvent non remarquée, mais fréquente, comme le souligne le rapport d’élaboration de la HAS.
Un rôle essentiel des professionnels de santé
Dès la maternité, puis à chaque visite médicale, les professionnels doivent :
- Observer la forme du crâne et la symétrie de la posture du bébé (c’est-à-dire si son corps est bien aligné et équilibré).
- Informer les parents de manière claire et adaptée.
- Renouveler les conseils lors des consultations des 1er, 2e et 3e mois.
Selon la fiche mémo de la HAS, en cas de facteur de risque (naissance prématurée, torticolis, asymétrie précoce), une orientation rapide vers un kinésithérapeute pédiatrique peut permettre d’éviter que la situation s’aggrave.
Pour résumer
| À faire | À éviter |
|---|---|
| Coucher bébé sur le dos pour dormir | Utiliser des coussins « anti-tête plate » |
| Varier les positions de portage et les stimulations | Laisser bébé longtemps dans un transat ou une coque |
| Mettre bébé sur le ventre en éveil | Toujours approcher bébé du même côté |
| Alterner les côtés du lit | Négliger une préférence de rotation persistante |
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