Une déformation souvent bénigne, mais à surveiller
Dans la grande majorité des cas, la plagiocéphalie positionnelle est une déformation bénigne. En effet, la fiche mémo de la HAS indique qu’elle n’entraîne pas de séquelles neurologiques ni de troubles graves de la croissance cérébrale.
Toutefois, elle n’est pas anodine : comme le précise le rapport d’élaboration de la HAS, lorsqu’elle est marquée et non prise en charge précocement, elle peut avoir des répercussions esthétiques, fonctionnelles et posturales durables.
Conséquences esthétiques
La conséquence la plus immédiatement perceptible est l’asymétrie crânienne. Si elle persiste, cette asymétrie peut s’accompagner d’un aplatissement du crâne, d’un déplacement de l’oreille, voire d’une asymétrie faciale marquée.
Ces déformations peuvent être visibles durant toute l’enfance, l’adolescence, voire à l’âge adulte si elles ne sont pas prises en charge à temps.
Le principal retentissement est visuel :
- Asymétrie de la boîte crânienne.
- Déplacement de l’oreille du côté aplati.
- Bombement du front du même côté.
- Parfois, asymétrie faciale persistante.
Selon les données analysées dans le rapport HAS, dans 75 % des cas, les parents estiment que l’apparence de la tête de leur enfant est redevenue normale après la prise en charge. Toutefois, 9 % des enfants présentent une asymétrie résiduelle visible.
Cette asymétrie peut être vécue comme un défaut esthétique : difficultés pour porter des lunettes, gêne psychologique ou moqueries en grandissant.
Développement cognitif et moteur : faut-il s’inquiéter ?
Le rapport de la HAS met en avant des données montrant que les enfants atteints de plagiocéphalie présentent davantage de troubles du développement que les enfants non atteints :
- Langage : 18,5 % des enfants avec plagiocéphalie ont un retard, contre 6,1 % dans le groupe témoin.
- Cognition : 8,3 % vs 0,6 %.
- Motricité : 6 % vs 1,6 %.
- Comportement : 11 % vs 6,1 %.
La HAS précise qu’il est difficile d’affirmer que la plagiocéphalie est la cause directe de ces retards. En réalité, la plagiocéphalie pourrait plutôt être un signal d’alerte : elle apparaît plus souvent chez les bébés qui ont déjà une prédisposition aux retards, par exemple à cause de difficultés à bouger (facteurs neuromoteurs), d’un tonus musculaire faible, ou de problèmes de vue ou d’ouïe (déficits sensoriels).
Retentissement postural ou orthopédique
Quand la plagiocéphalie est sévère, elle peut avoir des conséquences sur la posture générale du corps de votre bébé :
- Torticolis associé : la déformation favorise une posture asymétrique de la tête et du cou, pouvant devenir chronique.
- Latéromandibulie : déplacement de la mâchoire inférieure du côté de l’aplatissement.
- Troubles de port des lunettes ou de l’équilibre des appuis crâniens.
Selon le rapport d’élaboration de la HAS, il existe parfois un lien entre la plagiocéphalie et une scoliose (une déviation de la colonne vertébrale) chez le jeune enfant. Même si ce lien n’est pas systématique, il est recommandé de rester attentif à la posture de votre bébé si sa tête est très déformée.
Une asymétrie qui peut persister
Sans intervention, l’asymétrie du crâne peut persister à l’âge adulte, comme le soulignent les études citées dans le rapport de la HAS. Cela est vrai, bien que le développement cérébral et la capacité cognitive ne soient pas altérés. Le rapport de la HAS précise que le risque de chronicité augmente si la déformation est installée avant 3 mois et n’est pas prise en charge rapidement.
18 agences spécialisées pour accompagner votre enfant
Pour la prise en charge des déformations crâniennes positionnelles, nos équipes Ottobock Care travaillent en lien étroit avec les professionnels de santé et les familles. L’écoute, le respect et la confiance guident chaque étape afin de proposer une solution d’appareillage adaptée à chaque enfant et d’accompagner l’évolution de la forme de son crâne.

